23 mars 1910 – 6 septembre 1998
Il est né le 23 mars 1910 à Tokyo dans le quartier Omori. Septième enfant d’une famille de samouraï. Il est élevé dans une famille de tradition militaire. Dans sa vie, deux événements l’ont marqué: le premier fut le tremblement de terre du 1e septembre 1923, et les bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki du 6 et 9 août 1945.
Il a étudié dans une école d’arts plastiques de Doshusha, entre les années 20 et 30. Il a fait des doublages de films muets comme Benshi (nom japonais du doubleur/commentateur de films, NDErwan) avec son frère Heigo, qui se suicidera pour cause de chômage dans les années trente. C’est ce qui provoqua son entrée dans le monde du cinéma, qu’il admet lui-même dans son livre Comme une autobiographie (Seuil / Cahiers du Cinéma). A cette même époque, il fut abordé par les cercles d’extrême gauche illégaux.
En 1936, il entra dans les studios P.C.L. (qui est l’actuel Toho) qui recrutait des assistants. Il s’initie à tous les métiers du cinéma avec le grand réalisateur Kajiro YAMAMOTO. Il en apprendra durant son travail durant les sept années suivantes.
En 1943, il vécut la première période de sa réalisation de films (comme La Légende du grand judo) qui assura les débuts professionnels de l’auteur. Le succès entraîna la fabrication de divers autres films comme La Légende du Grand Judo II en 1945. Son premier chef-d’œuvre fut L’Ange ivre qui montre la détresse des personnages face à la guerre avec un grand acteur qui fut Toshiro HIFUME en 1948. Tous les films d’Akira KUROSAWA furent des films de style Chambara (de cape et d’épée) et des chroniques sociales (Le Plus Beau, produit pour l’armée Impériale). Après-guerre, il réalisa celui Les hommes qui marchent sur la queue du Tigre, condamné par les autorité américaines occupantes et les militaristes japonaises.
Le style principal d’Akira KUROSAWA est une association des formes des Huatus Kabuki et Nô dans des adaptations de divers auteurs occidentaux, tels Maxime GAKI (Bas-fonds), DOSTOÏESKI (L’idiot) ou SHAKESPEARE (Le Château de l’araignée d’après Macbeth et indirectement Ran d’après Le roi Lear). La base du cinéma de KUROSAWA est qu’il nous montre l’homme dans toutes les situations possibles et imaginables, face à la nature et souvent face à lui-même. Les exemples sont multiples: dans Dersou Ouzala, il nous décrit la petitesse de l’homme face à la nature et aux éléments, l’histoire avec les sept samouraïs, avec des chroniques intimistes.
Après le succès de L’Ange ivre en 1959, Akira KUROSAWA fonda son studio de production, puis un second, puis un troisième. Tous des échecs qui le menèrent à une tentative de suicide en 1971. Après tous ces événements, il surfa sur la lutte des réalisateurs nommée la nouvelle vague.
Après l’échec de la fondation d’un studio en dehors des majors japonaises comme la TOHO Movie Shinsha. Grâce à une coproduction avec l’U.R.S.S., il fit Dersou Ouzala, l’homme face à le nature. Plus tard, de nombreux grands réalisateurs admirateurs de son travail lui vinrent en aide pour financer ses films: Francis Ford COPPOLA pour Kagemusha, puis Martin SCORCESE, Steven SPIELBERG et Georges pour Rêves et un producteur français, Claude SILBERMAN pour Ran. Tous les films produits hors du Japon ne furent diffusés que confidentiellement dans les salles dans son pays natal.
Pour ma part, le premier film de KUROSAWA que j’aie vu fut Les Sept Samouraïs de 1955. Ce film était passé au Ciné Club sur France Régional 3 (FR3) vers minuit il y a une dizaine d’années. Il me fit apprécier le cinéma d’auteur de style historique (Chambara au Japon) et me fit aimer le Japon. Les deux derniers films qui me marquèrent sont Rapsodie en août et Rêves. Le premier nous montre le pacifisme de l’auteur et toujours le poids des traditions dans l’éducation, l’antagonisme nippo-américain, la guerre et la mémoire de la bombe. Rêves est, dans un certain sens un film testament puisqu’il résume tout ce qui représente la vie de KUROSAWA dans son éducation artistique occidentale, son opposition à la guerre et ce film est une allégorie de sa vie et de ses idées. Il est difficile de parler d’un film aussi dense et d’une beauté extrême dans le fond et dans la forme.
En conclusion, on peut dire que le cinéma de KUROSAWA est le plus occidental des japonais, puisqu’étant élevé dan la tradition martiale, il a transcendé sa propre condition à travers des formes diverses. Il nous montre que l’homme est allié ou victime de son propre destin. Aujourd’hui, le Japon redécouvre un de ses trésors disparus, puisqu’oubliées dans on propre pays et adulé à l’extérieur. Suivant l’expression bien connue, “nul n’est prophète dans son pays”…
Filmographie
Film | Année |
---|---|
La Légende du grand judo | 1943 |
Le Plus Beau | 1944 |
La Légende du grand judo II | 1945 |
Les hommes qui marchent sur la queue du tigre | 1945 |
Ceux qui font l’avenir | 1946 |
Je ne regrette pas ma jeunesse | 1946 |
Un merveilleux dimanche | 1947 |
L’Ange ivre | 1948 |
Le Duel silencieux | 1949 |
Un chien enragé | 1949 |
Scandale | 1950 |
Rashomon | 1950 |
L’Idiot | 1951 |
Vivre | 1952 |
Les Sept Samouraïs | 1954 |
Chronique d’un être vivant | 1955 |
Le Château de l’araignée | 1957 |
Les Bas-fonds | 1957 |
La Forteresse cachée | 1958 |
Les salauds dorment en paix | 1960 |
Le garde du corps | 1961 |
Sanjuro des camélias | 1962 |
Entre le ciel et l’enfer | 1963 |
Barberousse | 1965 |
Dodescaden | 1970 |
Dersou Ouzala | 1975 |
Kagemusha | 1980 |
Ran | 1985 |
Rêves | 1989 |
Rhapsodie en août | 1990 |
Maadayo | 1993 |